Critique : « Widjigo », d’Estelle Faye

Quatrième de couverture :  En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer. Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. À l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune officier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire. Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres…

Détails techniques :

Editeur : Paru en Septembre 2021 chez Albin Michel Imaginaire

256 pages (broché)
Broché : 18,90 € / Numérique : 9,99 €

Estelle Faye nous promène, avec Widjigo, dans un Terre-Neuve historique où se mêlent habilement aventure, horreur et fantastique.

1793. La Terreur en France permet la chasse aux aristocrates, symboles de l’ancien monde, celui de la monarchie. Jean Verdier, jeune officier, doit donc arrêter Justinien de Salers, un marquis vieillissant retranché dans une tour. Seulement, c’est gonflé de compassion pour ce vieil homme réputé pour le bien qu’il a fait autour de lui que le lieutenant se voit contraint d’accepter cette mission. C’est pourquoi, quand le vieux noble lui demande, en échange de sa reddition, d’accepter de l’écouter lui conter une histoire, son histoire, il ne peut refuser.

Dans une ambiance angoissante comme en connaissent les côtes bretonnes, battues par la pluie et le vent, l’aristocrate se lance dans un récit se déroulant de l’autre côté de l’Atlantique, dans le Nouveau Monde. En effet, il y a près de 40 ans, alors jeune homme, le marquis se trouvait en Acadie et a vécu une aventure marquante sur l’île de Terre-Neuve sur laquelle lui et ses compagnons se sont échoués. Les survivants feront face, alors qu’ils cherchent à retrouver la civilisation, à de nombreux dangers inexpliqués teintés de surnaturel, de la mythologie des indiens algonquiens.

Dans ce roman, récit dans le récit, l’angoisse ressentie est accentuée par ces deux lieux parallèles où se déroule l’histoire, le logis du marquis et l’île encore sauvage. Vient se greffer une galerie de personnages portant tous leur part d’ombre et de mystère.

Estelle Faye fait preuve d’une habilité maîtrisée pour mélanger les genres, casser les codes tout en les respectant, pour inscrire dans un contexte historique plausible une aventure aux notes fantastiques subtiles afin de rendre ce roman accessible à tous. Amateurs de littératures de l’imaginaire ou non. Passé le prologue un tantinet longuet, il devient difficile de ne pas être absorbé totalement par le récit. Tout au long de cette lecture résonne sans cesse dans votre tête cette question : le Widjigo n’est-il pas en chacun de nous  ?

J’ai lu ce roman qui traînait dans ma PAL depuis trop longtemps à l’occasion du Prix Imaginales des Bibliothécaires 2022. En effet, il fait partie de la sélection. Félicitations à Estelle Faye qui a su séduire le jury avec ce roman dont la magnifique couverture est signée Aurélien Police.

Ma note : 8 / 10

Une critique d’Ulrich Boucher précédemment publiée sur son blog Imaginoire le 24 Janvier 2022 à cette adresse.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s