Critique : « Heureux qui comme Alyce » (T1 & 2), de Jérémy Bouquin

Autodidacte, réalisateur de courts et moyens-métrages, Jérémy Bouquin est auteur de romans policiers. Il a été président de l’association tourangelle Les Tontons Filmeurs. Sous l’alias Jrmy, il est scénariste de la BD polar Le Privé. Heureux qui comme Alyce est le premier roman SF (un diptyque) de cet auteur.

Heureux qui comme Alyce – T1 : A fait un beau voyage

Quatrième de couverture :  Il y a plus de dix ans, Alyce et ses Loups s’étaient implantés dans un village du nord du Havre.

Alors que Tonnerre, son père, mène sa dernière grande bataille, il la fait rappeler à lui pour l’aider. Ce saigneur de guerre, grand et dernier Daron noir, fait pilonner sans relâche un quartier de Lutèce, Trois, une guerre qui porte d’ailleurs ce triste nom : celui des trois ans.

À l’issue des combats, Alyce ne revient pas chez elle.

Ego, son régulier, construit pierre par pierre une chapelle en son hommage en attendant son retour…

Ainsi commence la légende d’Alyce et de son terrible voyage…

Détails techniques :

Editeur : Evidence Editions (06/2020)

547 pages
Broché : 22 € / Numérique : 7,99 €

Ce titre du premier roman SF de Jérémy Bouquin vous fera forcément penser au poème de Joachim du Bellay. Et, même si cinq siècles séparent ces deux écrits, nous y retrouvons les thèmes de l’Exil ainsi que la comparaison du petit village angevin avec Rome qui devient pour Alyce son village normand, proche du Havre, et Lutèce (Le nouveau Paris) où fait rage la guerre des Trois.

Jérémy Bouquin nous propulse dans un futur proche à la Mad Max, dans un monde dévasté où la pénurie est présente partout. Etat du monde qui n’est que le fruit des atrocités que l’Homme fait vivre à la planète qui l’héberge.

Alyce et ses Loups se sont posés dans un petit village Havrais où ils tentent de survivre en protégeant un peu contre leur gré les villageois. Jusqu’à ce que son père, dernier saigneur de guerre, l’appelle à ses côtés pour ses qualités de stratège militaire. Ce petit résumé est le point de chronologie central de ce récit autour duquel Jérémy Bouquin nous baladera dans le temps avec une grande maîtrise entre la vie avant le départ d’Alyce, la bataille de Lutèce et son « retour ».

Au-delà de l’univers à la fois fou mais crédible créé par Jérémy, ce sont les personnages qui m’ont vraiment accroché, avec en tête Alyce, une battante qui ne renonce jamais. Pour les lecteurs d’Une femme de ménage (Jérémy Bouquin, 2017) et d’Une secrétaire (Jérémy Bouquin, 2018), vous y retrouverez la force des Sandra et Emilie. 

Ce premier volet des aventures d’Alyce terminé, vous n’aurez qu’une envie, vous plonger dans la suite et découvrir si, comme on le souhaite, Alyce triomphe et donne suffisamment d’espoir pour que dans ce monde la vie vaille la peine d’être vécue..

Ma note : 8 / 10

Une critique d’Ulrich Boucher précédemment publiée sur son blog Imaginoire le 19 Juin 2020 à cette adresse.

Heureux qui comme Alyce – T2 : A vu cent paysages

Quatrième de couverture :  Alyce et ses Loups victorieux, de retour de Lutèce, se sont perdus. Attaqués, déroutés, puis désorientés, ils ont dû vaincre le Cyclope. Ils ignoraient alors que leur aventure ne faisait que commencer.

Dix ans à la chercher, dix ans qu’on la croyait perdue dans les contrées de l’ancienne Europe effondrée. Toutes les rumeurs ont couru, des histoires ont même circulé, la plupart sont fausses.

Des déserts irradiés du Sud au camp sordide de Drancy, en passant par le barnum géant de Circé, Alyce va connaître l’enfer, la mort, puis la résurrection.

Une odyssée qui n’a rien d’une partie de plaisir. Dans son village, son régulier, Ego, et son fils Télémak l’attendent, persuadés qu’elle est encore en vie. Le pouvoir en place va-t-il tenir ? Les ambitions des prétendants ne sont-elles pas si puissantes qu’elles pourraient obliger son régulier à tout lâcher ? Alyce arrivera-t-elle au bout de son voyage ?

Le pouvoir en place va-t-il tenir ? Les ambitions des Prétendants ne sont-elles pas si puissantes, qu’elles pourraient obliger son régulier à tout lâcher ? Alyce arrivera-t-elle au bout de son voyage ?

Détails techniques :

Editeur : Evidence Editions (08/2020)

640 pages
Broché : 22 € / Numérique : 7,99 €

Voilà que Jérémy Bouquin clôt déjà les aventures d’Alyce avec ce deuxième tome de sa plongée réussie dans l’univers SF.

Après avoir lu le premier tome, ça y est, nous connaissons le décor, les personnages, ce qui fait que nous entrons tout de suite dans ce nouvel opus. Du début à la fin, nous ne lâchons pas ce livre tant ce que vivent Alyce, mais aussi Ego, son régulier, sur qui repose l’avenir de leur village, et Télémak, leur fils qui devient homme, et aussi certains des personnages les entourant, est puissant, dément et sans répit. Jérémy n’est pas tendre avec ses personnages et ne leur épargne rien.

Ce second tome clôt donc la saga en nous apportant les réponses aux questions laissées en suspens au premier tome. Nous en connaîtrons plus sur le passé d’Alyce et le devenir d’Ego et Télémak pendant son absence.

Pendant toute la lecture de ce roman, j’étais partagé entre le désir d’aller au bout de l’histoire et celui de repousser l’instant où je tournerai la dernière page. Les personnages de cette fiction sont attachants avec leurs défauts. Alyce la première, une femme forte, avec ses faiblesses mais que la rage et l’amour font avancer même quand tout semble perdu. J’ai retrouvé chez elle ce que j’avais beaucoup aimé chez Juliette Nichols dans Silo de Hugh Howey.

Dans cet univers à la Mad Max, où les bécanes, les ressources, les flingues ont tous leur place, ce sont donc avant tout les sentiments qui guident Alyce dans sa quête et, en premier lieu, l’amour pour son fils qui n’a jamais perdu espoir de la retrouver.

Je ne peux que vous encourager à découvrir la saga Heureux qui comme Alyce. Si en plus, en lisant cette histoire, vous vous rendez compte que ce monde moche, triste, inhospitalier décrit par Jérémy Bouquin, est malheureusement celui vers quoi nous courons, et, si cela n’est pas déjà le cas, peut-être que votre sensibilité à notre environnement s’en trouvera accrue.

Ma note : 8 / 10

Une critique d’Ulrich Boucher précédemment publiée sur son blog Imaginoire le 21 Août 2020 à cette adresse.

Un commentaire Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s