Critique : Le Cycle de « Tschaï », de Jack Vance

Quatrième de couverture : Alors qu’il effectuait une mission de reconnaissance autour de la planète Tschaï, le vaisseau Explorateur IV a été abattu par un missile d’origine inconnue. Unique survivant du crash, Adam Reith découvre un monde d’une beauté et d’une âpreté sans pareilles, une terre d’aventures aussi dangereuse qu’attachante. Obsédé par l’idée de rentrer chez lui, le Terrien va traverser d’immenses et splendides paysages, rencontrer d’autres humains aux mœurs baroques et des extraterrestres belliqueux, vivre mille péripéties, perdre ses certitudes et trouver l’amitié. Parviendra-t-il à regagner la Terre ?

Photo : Hayford Peirce

Jack Vance est un infatigable bourlingueur ; il a sillonné toutes les mers du monde et en a rapporté un goût marqué pour l’exotisme qui imprègne chacune des pages de ses livres. Ses univers baroques et chatoyants sont la plus pure expression du fameux sens of wonder, cette faculté qu’ont certains auteurs de nous émerveiller et de nous emporter, dès les premières pages, dans un tout autre monde. Auteur entre autres des cycles de La Terre mourante, La Geste des Princes-Démons, Tschaï et Lyonesse, il a reçu de nombreux prix.

En 1997, la Science Fiction and Fantasy Writers of America lui accorde la distinction honorifique de « Grand Maître ». Il avait auparavant reçu nombre de récompenses : les prix Edgar en 1960, Hugo en 1963 et 1967, Nebula en 1966, Jupiter en 1975, Achievement en 1984, GilgamXs en 1988 et World Fantasy en 1990. Il reçoit aussi, en 1961, le prix Edgar-Allan-Poe pour son roman policier, L’Homme en cage.

Il a exercé une influence considérable sur la science-fiction exotique et picaresque, ainsi que la fantasy, ce dont témoignent des livres comme Le Château de Lord Valentin de Robert Silverberg et Le Maître des ombres de Roger Zelazny, ainsi que l’épopée livresque et télévisuelle Le Trône de fer (Wikipédia).

Détails techniques :

Planet Opera – Intégrale compilant les 4 tomes du Cycle de Tschaï :

  1. Le Chasch, J’ai lu, 1976 ((en) City of the Chasch, 1968)
  2. Le Wankh, J’ai lu, 1977 ((en) Servants of the Wankh, 1969)
  3. Le Dirdir, J’ai lu, 1977 ((en) The Dirdir, 1969)
  4. Le Pnume, J’ai, 1977 ((en) The Pnume, 1970)

960 pages (poche)
Poche : 10,90 € / Numérique : 9,99 €

Le cycle de Tschaï est une série de science-fiction de quatre tomes écrite par Jack Vance. Ce très populaire space opera a bercé ma jeunesse.

En bref : parti enquêter sur un signal de détresse envoyé il y a bien longtemps, l’explorateur Adam Reith voit son vaisseau détruit lorsque, enfin, il arrive en vue de la mystérieuse planète qui en est la source. Seul rescapé, il constate avec surprise que ce monde nommé Tschaï est peuplé par des humains… mais aussi par pas moins de quatre races extra-terrestres qui s’entre-déchirent pour le contrôle des lieux.

Sur ce monde, les hybrides sont méprisés, et les humains de pure race sont souvent des primitifs qui sont les jouets de leurs maîtres aliens. Dans cet environnement hostile, le rusé Adam va devoir comprendre ce bien étrange monde et, surtout, trouver un moyen de rentrer chez lui en vie !

Accompagné de Traz, un jeune homme des plaines sauvages ignorant mais curieux du monde, et d’Anacho, un semi-humain réprouvé par son peuple, les voici partis dans la plus étrange des aventures !

J’aime beaucoup Jack Vance, et le Cycle de Tschaï est une des œuvres maîtresses de l’auteur. Si elle n’est pas exempte de défauts, il faut néanmoins reconnaître qu’elle comporte tous ces ingrédients qui font la saveur de l’univers vancien.

Le synopsis est évidemment assez simple : c’est un prétexte facile pour nous faire découvrir le monde de Tschaï avec un regard nouveau et les explications qui s’imposent ! En effet, la planète est un véritable foutoir : entre les aliens à proprement parler, leurs factions, les hybrides haineux et les humains plus désorganisés que jamais… rien n’est simple ! Adam Reith fait ici office d’élément perturbateur. Si globalement les humains de Tschaï n’ont accès qu’à peu de technologie et sont globalement résignés à leur sort, lui est déterminé, entraîné à faire face aux pires situations et dispose même de quelques petits gadgets pour lui sauver la mise.

« …la peinture, hallucinante de créativité et de précision, des sociétés étrangères qui peuplent Tschaï (les Dirdir et les Pnume, notamment, valent le voyage vers la Carène !), ainsi que la psychologie très fine de personnages « secondaires » plus qu’attachants (Traz, Zap 210, et surtout Anacho) font bien vite oublier quelques clichés, et Tschaï reste le modèle, à notre avis inégalé à ce jour, du planet opera. » Xavier Noy & Bruno della Chiesa – in Galaxies 22

Le cycle de Tschaï se découpe comme je l’ai signalé plus haut en quatre volumes, chacun va se concentrer sur une des races extra-terrestres qui occupe la planète, sa culture étrange, sa soif de pouvoir, de savoir, son indifférence et ses obsessions. Comme beaucoup de romans de Jack Vance, les descriptions sont souvent lapidaires, surtout en ce qui concerne les personnages, pour se concentrer davantage sur l’action et les bizarreries de ce monde.

L’avantage évident, c’est que cette petite intégrale de 850 pages se dévore très rapidement, et qu’on ne s’y ennuie pas cinq minutes. L’inconvénient, c’est que les personnages sont assez monodimensionnels. Par exemple, on sait finalement très peu de choses sur notre héros, hormis le fait qu’il est débrouillard et n’a pas peur de la castagne. Celles qui en souffrent le plus, ce sont les femmes. Vance a bien des qualités selon moi, mais par opinion ou par culture, les personnages féminins sont très stéréotypés, dans le genre demoiselle en détresse uniquement là pour se faire sauver !

Malgré ces nets défauts, j’ai beaucoup aimé relire le Cycle de Tschaï pour son goût d’aventure, les plans souvent ingénieux (et parfois complètement foireux) d’Adam et l’étrangeté qui se dégage de l’univers que l’auteur nous dépeint. Difficile d’en parler plus en détail sans spoiler allègrement, mais sachez néanmoins qu’il y a dans le tas une princesse en détresse, quelques révolutions, une chasse à l’homme peu ordinaire, des arènes, la construction laborieuse d’un astronef, des alliances délicates avec des ordures et une aventure souterraine à rendre claustrophobe !

Somme toute, c’est une excellente série pour débuter le genre du space opera tout comme Jack Vance. Une œuvre intéressante qui, si elle pêche question profondeur, en revanche vous divertira presque à coup sûr grâce à la passion de l’auteur pour les univers exotiques !

Adaptation en BD du cycle par Jean-David Morvan et Li-An : T1-4
Adaptation en BD du cycle par Jean-David Morvan et Li-An : T5-8

Une critique de Cluric

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s