Critique : « Dune » (Cycle de Dune – T1), de Frank Herbert

Quatrième de couverture : Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout, des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l’Histoire.
Cependant, les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l’espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l’Empire ?

Frank Patrick Herbert est né en 1920 à Tacoma dans l’état de Washington. Il s’essaie à l’écriture à partir de 1944 sous un pseudonyme qu’il n’a jamais voulu divulguer. Son premier roman, inspiré par sa longue étude de la psychologie des profondeurs, paraît en 1956, Le Dragon sous la mer. L’année 1965 voit la publication de Dune. Il obtient le prix Nebula, puis l’année suivante le prix Hugo, à égalité avec le roman Toi l’immortel de Roger Zelazny. La saga de Dune, qui sera vendue à des dizaines de millions d’exemplaires, peut alors commencer. En France, ses œuvres majeures ont été publiées dans la collection « Ailleurs & Demain ». En 1984, il participe activement au projet de David Lynch qui adapte Dune au cinéma. Frank Herbert meurt le 11 février 1986. La saga de Dune restée inachevée est reprise par son fils Brian et par Kevin J. Anderson. C’est désormais à Denis Villeneuve d’apporter, avec son film sorti en 2021, une nouvelle pierre au monument qu’a construit Frank Herbert.

Détails techniques :

Science-fiction – T1 du cycle intitulé Dune

Prix obtenus :

Hugo, Roman, 1966
Locus, Meilleur roman de tous les temps, 1975
Locus, Meilleur roman de tous les temps, 1987
Locus, Meilleur roman de tous les temps, 1998
Nebula, Roman, 1965

Editeur : Chilton Books (anglais, 1965) / Robert Laffont, collection Ailleurs et demain (1970) / Pocket (1989)

630 pages (broché) / 928 pages (Pocket)
Relié : 24,90 € / Broché : 20 € / Poche : 11,95 € / Numérique : 9,99 €

Dune, c’est le premier tome du cycle de Science-fiction du même nom. Écrite par Frank Herbert, la saga a connu plusieurs adaptations en films et séries (l’adaptation de Denis Villeneuve n’étant que la dernière en date), ainsi qu’un nombre toujours croissant de préquels et sequels  écrits par son fils. Dune est une œuvre devenue culte et, en tant que telle, mérite largement sa critique.

En bref : L’Empire galactique et ses milliers de mondes reposent sur un équilibre précaire entre l’Empereur d’un côté et les Grandes Maisons de l’autre. L’alliance de ces dernières face au titan impérial est très précaire, et laisse la place à de nombreux conflits internes. Deux familles rivales depuis des lustres s’empoignent à la moindre occasion quand un changement dans la politique galactique va tout faire basculer. Sur Dune, le monde aride et sauvage, se trouve la plus précieuse ressource de l’univers : l’Épice. Cette denrée accroît l’espérance de vie, immunise contre la plupart des poisons, accorde une meilleure santé et une clarté d’esprit sans précédent, parfois même en consommer donne des visions prophétiques. On ne trouve l’Épice que sur Dune, et cette dernière va échoir à la garde d’un nouveau propriétaire. Pour le contrôle de la ressource la plus précieuse de l’univers, une vendetta sanglante est sur le point de démarrer…

« Il est certains romans qui marquent les esprits, voire posent un jalon, et dont le titre vient prendre place à plus ou moins brève échéance dans les listes des lectures qu’il faut avoir faites. Listes qui se déclinent le plus souvent par genre, quoi que l’on entende par là, et qui sont alors une excellente porte d’entrée au dit genre pour le lecteur curieux. Dune, de Frank Herbert, est de ceux-là. » David SOULAYROL, nooSFere

Depuis quatre-vingts ans, Dune (Ndlr / Wikipédia : planète Arrakis, la « planète des sables » que ses habitants autochtones, les Fremens, appellent « Dune ») est le fief du Baron Vladimir Harkonnen, l’ennemi ancestral des Atréides. Mais la roue du destin tourne, et ce sont ces derniers qui sont désignés pour reprendre le contrôle de la planète. Évidemment, l’importance capitale de Dune ne leur échappe pas, mais le Duc Leto Atréides est bien décidé à régner à sa façon sur la planète et à bien se distinguer des Harkonnen. Il a inculqué la même droiture à son fils, Paul. Entre les leçons de politique et de géographie pour le préparer à vivre sur le monde aride, Paul a également été formé au comportement honorable des Atréides qui fait leur réputation.

Mais l‘Empereur est jaloux de la popularité du Duc, à cause même de cette excellente réputation. Et pire, le Duc est ambitieux et ferait un adversaire de taille s’il venait à unir les Grandes maisons sous sa bannière. Aussi l’Empereur a préparé un piège à l’encontre de Leto et de toute sa famille. Ce piège, c’est Dune. Les mâchoires sont en train de se refermer sur lui et ses proches…

L’histoire est narrée principalement du point de vue de Paul et de sa mère Jessica, concubine du Duc Leto Atréides, avec quelques passages chez les Harkonnen aux plans machiavéliques. On suit pas à pas l’exode d’une famille et de son peuple vers un nouveau foyer. Les conspirations et les trahisons les guettent. Une prophétie semble prédire la venue de Paul sur Dune et vient en plus tout compliquer. Souvent imités, le style et l’univers de Dune ne sont jamais véritablement égalés. Un cocktail de passions très fortes et de calculs rigoureux, savamment mélangés au sein d’une poudrière : une combinaison détonante en perspective.

Dune est une œuvre complexe à tout point de vue. L’univers décrit est extrêmement riche en détails, en rivalités, en cultures et façons de penser différentes. On y trouve toute une série d’organisations avec leurs objectifs propres et leurs alliances instables.

L’Empereur et son pouvoir sur des milliers de mondes, appuyé par son armée d’élite, les Sardaukars. C’est la poigne d’acier sous un gant de velours. Un gant très fin .

La Guilde Spatiale, dont les membres, autrefois humains, sont désormais des mutants dopés par des quantités invraisemblables d’Épice, capables de replier l’espace pour voyager instantanément d’un monde à l’autre. Un pouvoir colossal qui assure la cohésion au sein de l’Empire, mais qui requiert toujours plus pour ses services.

Le Bene Gesserit, une organisation exclusivement féminine consacrée à l’amélioration du potentiel humain. Conseillères et concubines, espionnes et gardiennes de lignées génétiques millénaires, elles tirent les ficelles à leurs propres fins qui surpassent de loin la survie de quelques individus. La mère de Paul en est une, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a formé son fils pour le rendre à même de survivre… et de briller !

Il y a aussi l’ordre des Mentats, véritables ordinateurs humains, substituts des machines. Les Maîtres d’Armes, ayant poussé l’art de tuer jusqu’à un niveau artistiquement efficace. Les Fremens, habitants de l’aride Dune et farouchement déterminés à préserver leur monde des étrangers qui voient leur mission compliquée quand les Atréides débarquent soudain…

« Lire Dune de nos jours, c’est donc se plonger dans la SF la plus actuelle et la plus vivante qui soit […] » Anudar, ActuSF

Quand on s’intéresse aux subtilités d’un univers de SF, je ne crois pas qu’il y ait de roman qui arrive à la cheville de Dune. Complots et non-dits sont fréquents, et il est parfois bien difficile de décortiquer dans les échanges des personnages les véritables motifs de leurs comportements. Et quand les prophéties commencent à intervenir, la situation se complique encore !

La dernière adaptation en date se concentre principalement sur Paul et a un côté contemplatif de ce vaste univers. Le rythme est aussi posé que dans ce livre, mais prend le parti de nous expliquer le minimum nécessaire pour commencer à reconstruire la trame des événements et les liens tumultueux entre les personnages et leurs factions.

Tous rivaux et tous alliés selon les circonstances. À chacun ses objectifs, mais avec un but par-dessus tous les autres : que l’Épice coule à flots !

Une critique de Cluric

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