Critique : « Mission Basilic » (Honor Harrington – T1), de David Weber

Quatrième de couverture : Rude début de carrière pour le capitaine de frégate Honor Harrington, de la Flotte royale de Manticore. Ayant humilié un haut gradé lors d’un exercice, elle se voit chargée, pour sa première affectation de commandant de bord, d’assurer seule la police du système lointain de Basilic, avec un vaisseau hors d’âge à demi désarmé et un équipage qui la rend responsable de son exil. Or une puissance hostile a des visées sur Basilic, terminus d’un « trou de ver », porte du voyage instantané, et fomente une machination complexe pour s’en emparer…

Marine de l’espace, affrontements dans les étoiles, le cycle d’Honor Harrington adapte la grande tradition du roman d’aventures de mer à la science-fiction. Par la cohérence technologique de son univers et la précision du récit, David Weber y renouvelle le space opera classique avec une rare virtuosité.

David Mark Weber, né le 24 octobre 1952 à Cleveland en Ohio, est un auteur américain de science-fiction et de fantasy.
Au début des années 90, il crée le personnage d’Honor Harrington à la demande de l’éditeur américain Jim Baen, qui était à la recherche d’un auteur capable de renouveler le genre de la science-fiction militaire. Alors que l’U.S. Navy commence tout juste à accepter du personnel féminin à bord de ses navires, Honor Harrington est le premier commandant de vaisseau femme de la littérature de science-fiction. Elle sera rapidement qualifiée d’Horatio Hornblower de l’espace, en référence au héros des romans de guerre maritime de C.S. Forester. Le succès sera immédiat !

Détails techniques :

Science-fiction – T1 de la série intitulée Honor Harrington

Editeur : Baen Books (anglais, 1993) / L’Atalante (1999) / J’ai Lu (2006)

544 pages (L’Atalante poche)
L’Atalante Poche : 10 € / Numérique : 2,99 €

Mission Basilic est le premier tome de la saga de Science-Fiction intitulée Honor Harrington. Ce nom à coucher dehors est celui du personnage principal, ce qu’on pardonnera bien volontiers vu la qualité du livre.

En bref : Honor Harrington est une une capitaine fraîchement promue dans la flotte spatiale de Manticore. Lors d’un entrainement qui tourne mal, elle humilie un supérieur et se retrouve en conséquence affectée au pire trou perdu du royaume : une petite colonie isolée du nom de Basilic. Son équipage est refroidi par ce coup du sort qu’est cette affectation dont personne ne veut. Et pour cause, l’ennui local n’est brisé que par de la contrebande chez les primitifs du coin et ils n’ont pour seul but que de maintenir l’ordre.

Enfin, ça c’est la situation avant que la République de Havre, puissant conglomérat de planètes voisines, ne décide que Basilic ferait un poste avancé idéal pour leur prochaine invasion… Complots extrêmement subtils ou force brute, tous les moyens sont bons pour parvenir à leurs fins.

J’ai découvert le cycle d’Honor Harrington il y a peu à l’occasion d’une réédition et j’ai été très agréablement surpris par ce premier tome.

On y retrouve beaucoup d’éléments de SF qui renforcent la crédibilité de l’œuvre, comme des techniques scientifiques bien trouvées et qui ont un impact réel sur le déroulement de l’histoire et le comportement des gens. Quand on touche au domaine de la hard-SF, on peut facilement se retrouver perdu par des détails trop poussés. Sous prétexte d’avoir un univers cohérent et complet, le résultat devient un pavé indigeste (oui, Tolkien, je pense à toi). Heureusement, ici c’est bien dosé ! Cerise sur le gâteau, comme beaucoup l’ont remarqué, cela permet de donner un côté « aventure maritime » passionnant à suivre.

« Roman passionnant et tumultueux, Mission Basilic mêle deux traditions  : le space-opera et le récit d’aventures maritimes… C’est in-con-tour-na-ble  ! » Stéphane MANFREDO, in Galaxies 14

Un autre aspect très important à prendre en compte, c’est l’univers militaire du livre. Attention, ça ne tire pas à tout-va sous le moindre prétexte… néanmoins, la quasi-totalité des personnages sont des militaires. On y retrouve leur jargon, leurs attitudes, qualités et défauts compris. Ce n’est pas un roman immature dans le style « nos uniformes sont trop classe et on a de gros canons laser en plus », mais ce n’est pas non plus une mise en accusation des va-t-en-guerre. Encore une fois, un bon compromis entre ces deux extrêmes, mais il faut savoir à quoi s’attendre.

Le roman est assez lent à démarrer, c’est un fait. Beaucoup de personnages sont introduits, principalement dans les deux grandes factions rivales que sont Manticore et Havre. L’inconvénient, c’est que, de ce point de vue, Mission Basilic reste un tome d’introduction (uniquement de ce point de vue, il y n’a pas de cliffhanger qui nous laisse sur notre faim, soyez rassurés). Pour développer vraiment le caractère des personnages principaux, il faudra encore creuser un peu. En contrepartie, on voit les rouages de la politique s’engrener lentement, vers ce qui s’annonce probablement un conflit d’envergure. D’ailleurs, même les gens de Havre, qui sont les « méchants » de ce tome, ont une excuse valable qui les force à s’étendre, à savoir une crise économique majeure en approche. C’est d’autant plus crédible car, par le passé, de nombreux empires conquérants se sont effondrés faute de continuer leur expansion.

« Les amateurs de récits de guerre, avec intrigues politico-militaires, combats grandioses et stratégies audacieuses permettant à un vaisseau sous-équipé d’affronter une flotte entière, seront comblés, car David Weber a manifestement un sens du rythme et un dynamisme qui suffisent à captiver le lecteur » Pascal PATOZ, nooSFere

Évidemment, Honor Harrington est le personnage central de ce récit. Une femme forte et honorable (sans blague !). Déterminée et intelligente, elle va être confrontée à pas mal de défis, certains militaires, d’autres plus triviaux. Sa volonté de bien faire (et son obstination) vont lui faire découvrir des anomalies, précurseurs d’un complot d’envergure qui menace. Heureusement, avec sa personnalité tenace et le renfort moral de son chat intelligent télépathe hexapode, elle va faire face et avec panache !

Je l’ai dit plus haut, ce tome est assez lent à démarrer, et les enjeux sont étonnamment peu importants (outre la survie des personnages principaux). Cependant, la tension va croissant, et l’ambiance est vraiment excellente. Pas besoin de devoir sauver l’univers pour obtenir une scène haletante qui vous force à faire nuit blanche pour découvrir la suite (je parle d’expérience).

A titre de preuve, j’exhiberai aux ronchons qui voulaient plus d’action cette extraordinaire bataille finale. Un monument de SF qui vous prend par les tripes tant le récit est prenant. Une grande intensité dans l’action et un sentiment d’inéluctabilité fataliste pour le lecteur, témoin d’un conflit entre carcasses de métal à des milliers de kilomètres. Des équipages qui voient la mort arriver de loin et qui rendent coup pour coup… En un mot : ma-gis-tral !

Une critique de Cluric

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