Critique : « L’Assassin du roi » (L’Assassin Royal – T2), de Robin Hobb

Quatrième de couverture : Les pirates rouges sèment la mort et la désolation dans les Six-Duchés. Le royaume est affaibli et ne dispose que de peu de ressources pour les combattre. Le roi est seul, entouré d’une cour qui intrigue, d’une armée qui doute et… d’un assassin royal. Fitz, le bâtard princier, est devenu une arme redoutable et redoutée. Il maîtrise le Vif – la faculté de communiquer avec les animaux – et devient expert dans l’Art. Guerrier accompli, rompu à toutes les façons de tuer, il personnifie autant la justice du roi qu’il est le chevalier servant du prince Vérité. Mais il est aussi un obstacle pour le prince Royal qui veut accéder au trône, et nombreux sont ceux qui souhaitent sa mort…

C’est à l’âge de dix ans que Margaret Astrid Lindholm Odgen quitte sa Californie natale pour s’installer avec sa famille en Alaska, expérience qui, plus que toute autre, fera d’elle un écrivain.
S’illustrant d’abord sous le nom de Megan Lindholm dès 1971 avec la tétralogie de Ki et Vandien, l’incontournable Dernier magicien, Le peuple des rennes ou encore La nuit du prédateur (écrit en collaboration avec Steven Brust), elle adopte en 1992 le pseudonyme de Robin Hobb pour s’embarquer dans une aventure épique de grande envergure : les cycles de L’assassin royal et des Aventuriers de la mer, qui feront d’elle l’un des auteurs de fantasy les plus lus au monde.
Les livres de Robin Hobb sont des best-sellers dans le domaine de la fantasy. Elle vit aujourd’hui dans les environs de Seattle, où elle s’est lancée dans une nouvelle saga d’une ambition rare : Le soldat chamane. Dans la tradition des grands romanciers, certains la comparent aux maîtres du genre dans les pays anglo-saxons tels que JRR Tolkien.

Détails techniques :

Fantasy – Tome 2 du cycle intitulé L’Assassin royal

Editeur : Voyager (anglais, 1996) / Pygmalion (1999) / J’ai Lu (2001)

327 pages (broché) /414 pages (poche)
Broché : 22,30 € / Poche : 8,10 € / Numérique : 7,99 €

L’Assassin du roi est le deuxième tome de la série L‘Assassin Royal (les titres deviennent plus imaginatifs avec le temps, promis). Écrit par Robin Hobb, c’est un petit bijou de fantasy qui prend ici une ampleur considérable. Ma critique du premier tome se trouve ici. Attention, la présente critique contient des spoilers sur le premier tome.

En bref : la première mission de Fitz est passée près de la catastrophe. Manipulé par Royal, il a été envoyé au casse-pipe tuer le prince du royaume des montagnes mais a réussi de peu à en sortir vivant. Brûlant d’une haine toute fraîche pour son oncle, Fitz revient dans les Six-Duchés servir son roi… et ourdir sa revanche. Mais comment faire quand on a juré fidélité au fils d’un homme qui souhaite votre mort ? Concilier son devoir avec sa vie privée devient de plus en plus difficile pour Fitz, particulièrement vis-à-vis de Molly dont il est amoureux mais à qui il n’ose avouer la vérité. Pour compliquer les choses, les assauts des Pirates Rouges n’ont jamais été aussi intenses, laissant derrière eux des villages entiers de forgisés, ces humains réduits à l’état de bêtes sauvages. L’heure est venue pour l’enfant bâtard de devenir un homme et de s’imposer comme un allié fidèle et non plus un simple outil.

Ce deuxième tome de L’Assassin Royal marque une tournure nette dans la vie de Fitz. Il a goûté au respect et à l’amitié dans le royaume des montagnes ; avec les épreuves qu’il y a vécues, cela a contribué à le faire grandir d’un coup. Fini le garçon de chenil discret, désormais Fitz aspire à davantage d’importance et il a tendance à se comporter comme un prince de temps en temps (avant de se reprendre).

Le premier tome d’introduction étant passé, les années vont s’écouler maintenant à un rythme plus lent au fil de la lecture, mais l’action sera un peu plus présente malgré cela. Le roi Subtil étant sur le déclin, le pouvoir des Six-Duchés change progressivement de mainVérité est le plus apte à gouverner, mais son recours à la puissante magie de l’Art se fait dans le secret et le peuple aspire à davantage de panache. En deuxième place, c’est sa femme Kettrichen qui bataille à sa manière pour aider ses gens, en dépit des bâtons dans les roues que lui place Royal. Au passage, ce personnage est l’un des plus détestables qu’il m’ait jamais été donné de croiser dans un livre. Commençant doucement, Robin Hobb fait progressivement évoluer le mépris que j’ai pour lui vers la pure et simple détestation après chacun de ses plans mesquins.

« Une excellente histoire donc, qui profite du style vivant, clair, et fortement évocateur de Robin Hobb, qui a de plus bénéficié d’une traduction de grande qualité ! » Elbakin.net

Plus que tout, ce tome est celui qui bâtit les piliers sur lesquels Fitz va se reposer toute sa vie.
Il y a d’une part son amitié franche avec la princesse Kettrichen, un personnage fort de caractère et d’une grande bonté agissant comme un baume au cœur du violent assassin que doit devenir Fitz.
Bien malgré lui, ce dernier se lie par le Vif avec un loup, Œil de Nuit. Ce compagnon farouche mais fidèle sera l’alter ego de Fitz dans toutes ses aventures à venir. Et je ne parle pas là d’un gentil toutou au rôle secondaire mais bien d’un des personnages principaux du cycle. Son point de vue… spécial dirons-nous, apporte un côté à la fois comique et d’une sagesse lupine à bien des situations.

La relation de Fitz et Molly s’épanouit enfin pour le plus grand plaisir des cœurs d’artichaut que nous sommes. Malgré des débuts compliqués (Fitz blessé et obligé de mentir sur ses activités), c’est au final un havre de paix dans la tempête.
Enfin, la dernière pierre angulaire des relations clés pour Fitz, c’est son oncle, le prince Vérité. Ce personnage au caractère droit fait office à la fois de roi, d’ami proche et de père de substitution pour Fitz. Si c’est le roi Subtil qui a acheté la loyauté de notre bâtard favori, c’est Vérité qui a su la gagner.
Ces quatre relations sont sincères et présentent véritablement quatre facettes de Fitz, constamment tiraillé entre des modes de vie, des ambitions et des objectifs bien différents les uns des autres. Elles vont façonner le caractère de l’assassin pour le restant de ses jours dans un équilibre délicat qui rend le personnage si attachant.

Petit coup de cœur pour la fin qui résout pas mal de sous-intrigues et ce d’une façon incroyablement optimiste pour le cycle au point de me faire penser à chaque relecture (à tord) que tout va bien se passer ! Quel naïf je fais !

Une critique de Cluric

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