Critique : « Le Dragon Réincarné » (La Roue du Temps – T3), de Robert Jordan

Quatrième de couverture : La Roue du Temps s’emballe.

Rand doit accepter son destin : il est le Dragon Réincarné, et le Ténébreux l’attend.

Perdu et dépassé par ses nouveaux pouvoirs, il part pour la fabuleuse cité de Tear. Il doit y trouver l’épée légendaire Callandor. Elle seule lui permettra d’avoir une chance lors de l’ultime bataille.

Il laisse derrière lui amis et alliés qui refusent de l’abandonner à son sort. Ils le rejoignent à Tear, où prendra fin cette fabuleuse épopée.

Robert Jordan (1948-2007) a livré avec La Roue du Temps la plus grande fresque épique depuis J.R.R. Tolkien, vendue à plus de 80 millions d’exemplaires. Il avait appris seul à lire à l’âge de quatre ans, et dévorait déjà Jules Verne et Mark Twain l’année d’après. Sa vie exceptionnelle s’est achevée en 2007, mais son œuvre se poursuit grâce à sa veuve Harriet McDougal et à l’écrivain Brandon Sanderson qui mène à son terme cette saga phénoménale.

« La Roue du Temps tourne et les Âges naissent et meurent, laissant dans leur sillage des souvenirs destinés à devenir des légendes. »

Détails techniques :

Fantasy – T3 de la série intitulée La Roue du Temps

Editeur : Tor (anglais, 1991) / Rivages, Fleuve Noir (1998-1999) / Pocket (2001) / Bragelonne (2012)

864 pages (broché)
Broché : 25 € / 2 tomes en poche : 7,90 € par tome / Numérique : 9,99 €

La Roue du Temps – Liste des romans

Cliquez sur l’image ci-dessous pour l’agrandir

(Wikipédia)

« […] Il est difficile de surpasser le monde complexe et détaillé créé ici » Locus

Adaptation TV en 2021

Le Dragon Réincarné est le troisième tome de la (très longue) saga de fantasy La Roue du Temps de Robert Jordan. Les critiques des deux premiers tomes sont disponibles ici et  et, comme de juste, il y a quelques spoilers !

En bref : Cette fois, plus de doute, Rand est bien le Dragon Réincarné. Le berger qui rêvait de vivre des aventures a changé d’idée quand il a réalisé qu’il était maudit, la cible de prophéties et le responsable d’un bazar à une échelle mondiale. Avec Perrin et Moiraine, il passe l’hiver dans un camp avec ses premiers fidèles, des soldats du Shienar. Mais, entre les assassins et les attaques Trolloques, il a du souci à se faire, d’autant que la terrible blessure qu’il a récoltée dans son combat contre Baal’zamon ne guérit pas. Mat, le parieur insouciant, a sonné du Cor de Valère, rappelant les héros morts à la vie pour l’aider. Il est devenu contre son gré quelqu’un de très important. Dans l’immédiat, cependant, il est en route pour Tar Valon avec Egwene, Nynaeve et Elayne pour être guéri une fois pour toutes du mal issu de sa dague maudite. Celles-ci, en revanche, sont plus inquiètes de retourner dans la cité des Aes Sedai avec une information dangereuse : les serviteurs du Ténébreux faisant partie de l’Ajah Noire ne sont pas un mythe et elles sont bien décidées à frapper…

« Robert Jordan est parvenu à dominer le monde que Tolkien a révélé. » The New York Times

En dépit de son titre, ce qui surprend dans ce tome, c’est la relative absence de Rand, pourtant devenu (de loin) le personnage le plus important de la saga. C’est sans doute une bonne chose quand on y réfléchit puisque cela permet à l’auteur de développer des personnages laissés un peu dans l’ombre jusqu’à présent. En premier lieu, je citerai Perrin, le forgeron capable de parler avec les loups. Moins impulsif que Mat, moins prompt à la colère que Rand, il est ce grand dadais que tout le monde pense bêta. Sauf que s’il parle peu, c’est qu’il réfléchit posément avant d’agir. Une fois lancé, c’est une force de la nature avec sa hache, surtout si on éveille avant sa colère et sa bestialité lupine…

« En de très rares occasions, des conteurs très talentueux créent des mondes qui sont au-delà de la fantasy; des mondes qui deviennent réalité. Robert Jordan l’a fait. » Morgan Llywelyn

Perrin, donc, va devenir plus important, et c’est son point de vue que l’on va suivre alors qu’il se lance à la poursuite de Rand. Oui, j’ai oublié de préciser que, sous la pression qu’on lui imposait depuis des mois, Rand a craqué et décidé d’aller traverser la moitié du monde seul pour attaquer une forteresse qui n’est jamais tombée et qui contient Callandor, l’Épée-qui-n’est-pas-une-épée. Un artefact de Pouvoir incroyablement puissant, preuve incontestable aux yeux de tous qu’il est le Dragon et non pas un imposteur. De nombreux hommes avides de puissance ont essayé de s’en emparer jusqu’ici, et tous ont échoué. Et encore, eux n’avaient pas à faire à des Réprouvés furieux, affamés de pouvoir après 3000 ans passés enfermés dans la prison du Ténébreux…

« La saga épique de Jordan est une fête pour les fans de fantasy. » Library Journal

En chemin, Perrin va rencontrer Faile, une aventurière en quête du Cor de Valère qui va déceler le potentiel mystérieux de son groupe et lui coller aux basques (au grand dam de ce dernier). Surtout que Min lui a fait quelques prédictions qui l’inquiètent au plus haut point…

« …atteint sans doute les plus hauts sommets dans un genre qui n’en manque pourtant pas » Booklist

Mat est le deuxième personnage principal de ce livre, toujours aussi facétieux, toujours aussi insaisissable, c’est un éternel gamin qui ne rêve que de rester tranquille (en empochant au passage quelques piécettes et en charmant le plus de femmes possible). Il va se découvrir un genre de nouveau pouvoir, lié à sa nature de Ta’veren : la chance. À un degré inouï. À rendre quelqu’un suicidaire plus exactement.

« […] cette œuvre est vraiment destinée à ceux voulant se lancer dans un nouveau livre-monde. La Roue du temps vous demandera énormément de temps, des années, mais reste une des séries les plus réussies de la high-fantasy, aujourd’hui. Pour peu que vous y soyez sensible, le souffle du Dragon reste dans votre mémoire des années durant. » Elbakin.net

C’est un tome relativement calme (sauf le final évidemment) qui nous présente pas mal de nouveaux éléments du monde de la Roue du Temps et en détaille d’autres. On passe un moment à Tar Valon, la plus belle cité du monde et surtout celle où se trament le plus de complots. On croise de nouveau quelques Aiels, ces terribles guerriers venus du Désert qui sont décidément toujours où on les attend le moins. Enfin, on a un aperçu de plusieurs Réprouvés et de leurs plans. Ces derniers se sont confortablement installés sous de fausses identités à des postes de pouvoir dans les plus grandes cités du monde. Car oui, quand on est un méchant d’envergure, on ne s’embête pas avec les détails et on assigne un Réprouvé quasiment à la tête de chaque royaume pour contrôler d’emblée la moitié du monde.

« Jordan a apporté une complètement nouvelle allégorie à l’intérieur d’un concept de fantasy qui va au-delà de cette histoire massive, travaillant avec l’œil d’un artiste et le sens de la responsabilité d’un historien sérieux » Gordon R. Dickson

Petit coup de cœur pour Perrin et Gaul l’Aiel avec une des conversations les plus posées qu’on puisse imaginer entre deux massacres. Et aussi la scène de la forge, même si elle est plus anecdotique. 

En revanche, Egwene entre dans une phase où elle me tape sur les nerfs avec son ego exacerbé (surtout vers la fin du tome). Tout est toujours de la faute des autres (surtout les hommes) qui ne servent d’après elle à rien et ne font que la déranger. Et d’ailleurs, en cas de débat avec quelqu’un, elle a toujours raison. Et ce même quand elle est évidemment en tort. Un peu trop caricaturale et insupportable à mon goût, heureusement elle reste un personnage mineur, et on en apprécie que plus les autres par contraste. Surtout Aviendha, mais ça c’est une autre histoire (je suis un fanboy, j’y peux rien)…

« Une vision puissante du bien et du mal » Orson Scott Card

Globalement un peu moins bon selon moi que le précédent tome, il renouvelle cependant la formule, les narrateurs et les décors et fait une excellente transition avec les trois prochains tomes car il est un véritable basculement entre deux phases totalement différentes de la saga. Avant, on avait des aventuriers tentant de survivre et se baladant de droite et de gauche. Après Le Dragon Réincarné, les enjeux vont être revus à la hausse !

Une critique de Cluric

Quelques couvertures et images supplémentaires…

3 commentaires Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s