Critique : « La Main de l’Empereur » (T1 & 2), d’Olivier Gay

Quatrième de couverture : Dans la main d’un empereur, les mortels ne sont que des pions.

Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion. Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang  : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables. Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre. Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera  ?

Olivier Gay est un écrivain français de romans policiers, de fantasy et fantastique, pour les adultes et pour la jeunesse.

Autrefois consultant en stratégie marketing à Paris, il vit désormais de sa plume dans le Sud.

Après avoir vécu à Nantes, puis passé un an aux États-Unis, il revient à Paris et écume les soirées avec le Vodka Club. C’est cette période de sa vie qui lui inspire le personnage de Fritz dans son roman Les Talons hauts rapprochent les filles du ciel publié en 2012 et ayant reçu le premier prix au festival de Beaune.

Son premier roman de fantasy, Le Boucher (2012), tome 1 du diptyque Les Épées de glace, est nommé au Prix Révélations Futuriales.

Sa série jeunesse, Le Noir est ma couleur (2014-2016), est accueillie avec enthousiasme par la critique et remporte le prix Sélection Histoires de romans 2014 ainsi que le Prix Chimères, décerné par les collégiens et lycéens.

Olivier Gay est également l’auteur de plusieurs adaptations et novélisations.

« Ce qui fait toute la force et l’intérêt de l’histoire, outre une intrigue passionnante, c’est la psychologie fouillée des personnages. Parmi les meilleurs romans de Fantasy français de ces dernières années. » Jean-Luc RiveraActuSF

Détails techniques :

Fantasy

La Main de l’Empereur est la préquelle du diptyque Les Épées de glace.

Editeur : Bragelonne (2016-2017)

T1 : 476 pages (poche) – 7,90 € / Numérique : 5,99 €

T2 : 456 pages (poche) – 7,90 € / Numérique : 5,99 €

I. Diptyque La Main de l’Empereur (préquelle des Épées de glace)

II. Diptyque Les Épées de glace :
1. Le Sang sur la lame (publié initialement sous le titre Le Boucher)
2. Le Châtiment de l’empire (publié initialement sous le titre La Servante)

« Cette préquelle [des Épées de glace] est servie par une écriture fluide, mélange bien dosé d’humour, de dialogues percutants, d’introspection et de scènes d’action, qui coule avec beaucoup de naturel et immerge aussitôt le lecteur dans l’histoire… » Elbakin.net

La Main de l’Empereur – T1

La Main de l’Empereur est un diptyque de fantasy de l’auteur français Olivier Gay et la préquelle du diptyque Les Épées de glace.

En bref : quand un gladiateur célèbre rencontre une femme mariée et qu’ils cèdent à la passion, c’est déjà assez gênant. Quand neuf mois plus tard naît un enfant dont personne ne veut, ça devient carrément problématique. Rekk est confié à la garde de prostituées près de l’arène où se bat son champion de père. Formé par le meilleur, il deviendra vraiment bon par la suite, d’autant que les lourdes pertes de sa jeunesse forgeront son caractère à la dure. Il devient le candidat idéal pour la dernière idée de l’Empereur : l’envoyer sur le front contre les sauvages Koushites cannibales pour appuyer l’armée qui est au point mort depuis des années. Brillant combattant, poussé par sa volonté farouche, Rekk va devenir la main – et surtout l’arme – de l’empereur.

Un bon auteur français de fantasy, ça mérite d’être signalé. Ne se laissant pas emporter par un excès de lyrisme au détriment de l’histoire comme le font trop souvent ses collègues, Olivier Gay rédige ici un livre de qualité. Prenant, avec une solide dose d’action et de violence, c’est malgré tout une œuvre plus subtile que ce que l’on pourrait croire au vu du synopsis.

On suit dans un premier temps les pas du père de Rekk qui fait un solide socle pour la vie de ce dernier. On comprend facilement les nombreuses épreuves qu’il affronte en tant que bâtard, gladiateur puis soldat. Bon point : il n’y a pas de manichéisme évident ici. L’Empire, leurs ennemis, les sauvages Koushites, et même le héros de l’histoire, tous ont deux facettes. Celle présentée initialement, idéalisée (ou diabolisée selon le cas), et la vérité qui est souvent un mélange de plusieurs couleurs. Le héros est initialement un bon gars, mais c’est aussi un boucher sanguinaire. L’Empereur est un tyran prêt à tout pour sa victoire, mais il a presque un côté paternaliste dans ses interactions avec Rekk. Dareen est une contrebandière aussi tenace qu’en surpoids mais c’est aussi la meilleure amie de Rekk. Une diversité donc qui rend l’histoire plus intéressante à suivre.

Le lecteur averti devinera dans les grandes lignes vers où se dirige l’intrigue, cependant un certain nombre de surprises bien amenées relance régulièrement l’intérêt pour cette épopée sanglante. Certains passages semblent s’inspirer fortement de la série Spartacus, dans l’intrigue ou le style.

D’ailleurs, concernant le style, ce dernier se veut efficace et cru : on ne masque pas les péripéties des personnages ici. Sans s’attarder sur l’aspect émotionnel à la façon d’une Robin Hobb, on s’abstient néanmoins de mettre de l’humour pour compenser quand les choses deviennent trop sérieuses. Et c’est tant mieux, à petite dose le procédé peut être sympathique, ajoutant un décalage avec l’action, mais au final c’est trop souvent l’emploi d’une punch line humoristique qui va briser la situation dramatique qu’on a établie auparavant. Un processus répété jusqu’à l’écœurement dans les blockbusters de super-héros modernes. 

Un méchant intéressant et plus subtil qu’on ne pouvait le penser, de l’action et des personnages plutôt bien développés donc. Ça reste un tome d’introduction et on regrettera que chacun de ces points ne soient pas un peu plus poussés, malgré tout une bonne lecture, facile et qui me fait attendre la suite avec impatience.

Une critique de Cluric

La Main de l’Empereur – T2

Aujourd’hui, on parle du deuxième tome de La Main de l’Empereur de l’auteur de fantasy français Olivier Gay. Un des nombreux tomes de Bragelonne pour lequel j’ai craqué au salon du livre de Montreuil la semaine passée.

En bref : ancien gladiateur, puis général, Rekk est désormais devenu un héros et une légende vivante après les sanglantes batailles contre les guerriers koushites. Pour parvenir à ses fins, il n’a pas fait dans la dentelle, gagnant le titre bien mérité de Boucher. Mais l’ennemi n’était pas composé de sauvages cannibales comme l’Empereur le lui avait certifié. Rongé par les remords, du sang sur les mains, Rekk veut maintenant vivre une vie tranquille avec Bishia, sa fiancée.

Cependant, les barons de l’empire ont profité des guerres distrayant les armées impériales pour entamer une révolte. Aux côtés du duc Gundron, rescapé du massacre, Rekk est envoyé reprendre les armes une fois de plus pour faire le ménage. Malgré tout, le guerrier colérique commence à douter de sa cause, malgré les manipulations constantes de son entourage…

« Une vengeance épique qui s’achève avec panache. Le tome 2 de La Main de l’Empereur est encore meilleur que le précédent ! » Audrey ALWETTLanfeust Mag

Le premier tome de La Main de l’Empereur avait bien posé le décor. Le passé violent de Rekk fermement établi, avec son caractère fier, mais pourtant terriblement naïf. S’il n’aime pas être dirigé, ce dernier succombe assez facilement à tous les stratagèmes qu’on lui impose. Aveuglé par la belle et brave fiancée, il ne se rend pas compte qu’elle n’est qu’un des moyens qu’a trouvés l’empereur pour le guider sur la voie qu’il a choisie pour lui.

Car Rekk est sans conteste un outil très efficace dans les mains de l’Empereur, d’où le titre des romans qui s’impose comme une évidence. Négociant avec sa conscience, il a maintenant soif de justice pour compenser les carnages qu’il a commis pour se venger (en toute bonne foi à l’époque). Le personnage de Rekk est sympathique mais surtout mortel, un peu comme ces géants Gemmelliens qui sont plus des forces de la nature sur le champ de bataille que de simples humains. J’ai été agacé pendant un tome et demi que ce personnage principal soit constamment mené en bateau. On a envie de lui filer quelques claques (à distance prudente, vu le gaillard) pour lui inculquer un peu de bon sens. Enfin, l’explosion qui est a prévoir quand il se rendra compte du tissu de mensonges qu’est sa vie n’en est que reportée : j’attends ce moment qui s’annonce savoureux avec impatience.

Ce tome voit l’introduction d’un nouveau personnage important, le fils de feu le duc Gundron. Arrogant à l’extrême, ce jeune noble voit son monde basculer le jour où les vassaux de son père le renversent, massacrent sa famille et s’emparent de ses terres. Il doit fuir, demander de l’aide à l’empereur qui lui envoie une petite escouade menée par rien de moins que son idole : Rekk

Les personnages de Bishia et de l’Empereur sont moins manichéens que l’on pourrait le craindre et somme toute très intéressants. Malgré sa « trahison », la première n’est pas dénuée de qualités (et a fait des sacrifices malgré son côté « superficiel » revendiqué), et l’Empereur ne joue pas les ordures manipulatrices sans raison. D’ailleurs, il admet même à plusieurs reprises que Rekk n’est qu’un pion pour lui, ce qui révèle un genre d’honnêteté paradoxale !

Rekk est toujours un peu trop monochrome à mon goût. Cependant il s’étoffe et laisse la part belle aux autres personnages et surtout à tout l’univers d’Olivier Gay qui prend significativement plus de consistance dans ce tome. Si des personnages comme Dareen  (contrebandière rivale et amie de Bishia) sont mis en retrait pour l’instant, ce n’est que temporaire et la fin laisse présager une convergence et la révélation de certains secrets dans le prochain tome qui s’annonce mouvementé ! La Main de l’Empereur n’est pas un livre que je qualifierais d’inoubliable, néanmoins on ne s’y ennuie pas une seconde et il est quand même très bon. Il va maintenant me falloir lire la suite !

L’intégrale des Épées de glace compile les deux diptyques : La Main de l’Empereur et Les Épées de glace

Une critique de Cluric

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