Critique : « Renégat » (T1-3), de Miles Cameron

Quatrième de couverture : Pour diriger une bande de mercenaires sans foi ni loi, mieux vaut réunir les atouts de la naissance, d’une adresse certaine à l’épée et d’une chance diabolique. Le Chevalier rouge a les trois, la jeunesse en plus, et il sait déjà en tirer profit. De retour en Alba après une campagne militaire lointaine, ses mercenaires sont recrutés pour défendre un couvent fortifié ayant fait l’objet de raids sanguinaires. Mais comme le Chevalier et ses hommes vont le découvrir sans tarder, ce contrat implique des pièges insoupçonnés, les entraînant de batailles en traquenards à l’orée d’une véritable guerre… dans laquelle le Chevalier lui-même a bien plus à perdre que prévu. Car celui qui envoie les créatures du Monde Sauvage décimer les humains pourrait bien connaître son secret le plus sombre…

« Miles Cameron signe avec ce premier tome de « Renégat » un roman de dark fantasy époustouflant et incroyablement immersif reprenant de manière originale les principaux éléments de la légende arthurienne pour les réarranger à sa sauce. Le résultat est excellent » Le Bibliocosme

Diplômé d’histoire médiévale, ancien militaire, Miles Cameron a fait de sa passion de l’écriture son métier. Il vit aujourd’hui au Canada avec sa famille, et écrit également des romans historiques sous un autre nom, quand il n’organise pas des reconstitutions médiévales d’envergure dans les monts Adirondacks.

« Une pépite de Fantasy épique, crue et parfois brutale. » Tor.com

Détails techniques :

Fantasy – T1 à 3 du cycle Renégat (The Traitor Son Cycle)

Editeur : Gollancz (anglais, 2012-2015) / Bragelonne (2013-2015)

T1 : 840 pages (broché) – 34 € / Numérique : 9,99 €

T2 : 720 pages (broché) – 25 € / Numérique : 5,99 €

T3 : 885 pages (numérique) – 12,99 €

Cycle Renégat (Traitor Son Cycle) :
1. Le Chevalier rouge (The Red Knight -2012)
2. La Lame noire (The Fell Sword -2014)
3. L’Ombre du dragon (The Dread Wyrm – 2015)
4. (en) The Plague of Swords (2016)
5. (en) The Fall of Dragons (2017)
(en) The Messenger’s Tale I (2013) — préquelle au cycle
(en) The Messenger’s Tale II (2014) — se déroule entre La Lame noire et L’Ombre du dragon

« Une histoire épique dont on se souviendra longtemps. » Fantasy Book Critic

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une trilogie (NdlR : 3 tomes parus en Français mais 5 romans et 2 nouvelles en anglais) que j’ai terminée récemment (enfin au moment où j’écris l’article, si vous lisez ça dans 20 ans, ça ne sera plus vrai) : Renégat, de Miles Cameron.

Celui qui se fait appeler le Chevalier rouge est le chef d’une compagnie de mercenaires. Cette dernière se fait enrôler pour protéger un couvent contre ce qui se révélera être le premier assaut d’une guerre contre les créatures du monde sauvage dirigées par Thorn, un puissant sorcier.

Par où commencer ? En vérité, je n’ai pas grand-chose à dire sur cette saga, mis à part qu’elle est vraiment chouette.

L’univers est très sympathique et on y sent un côté très sauvage. De fait, les personnages sont souvent en rase campagne ou dans les bois, et même lorsqu’ils sont abrités dans une forteresse (ou un couvent), celle-ci est perdue au milieu de nulle part. On sait qu’il existe des royaumes et de la civilisation, mais on a l’impression que les différentes villes sont isolées au milieu d’étendues sauvages et inhospitalières. Le danger est quasi permanent, des créatures volantes pouvant attaquer à l’intérieur d’une enceinte aussi bien qu’à l’extérieur, quand il ne s’agit pas tout simplement d’un assaut magique qui ne tient pas compte des murailles.

L’auteur est un passionné d’Histoire médiévale, et ça se sent. Il y a beaucoup de détails dans ses descriptions, ce qui rend le tout très immersif. Pour le côté fantasy, on retrouve le bestiaire habituel à quelques nuances près (ce ne sont pas des gobelins, mais des boguelins…). Bref, j’aime beaucoup l’univers dépeint dans cette saga… à un détail près. Pourquoi, au milieu de tout cet univers imaginaire, l’auteur a-t-il décidé d’introduire une religion bien réelle ? Je sais que le christianisme était très en vogue au moyen-âge, mais est-ce qu’il n’aurait pas pu être remplacé par une religion fictive ? Pour ma part, je trouve que ça casse pas mal l’immersion : de fait, pendant une bonne partie du premier tome, je me suis demandé si le récit prenait place dans notre monde réel (avec une dimension fantastique ajoutée) ou dans un monde fictif. Je ne sais pas si cette confusion est volontaire de la part de l’auteur, mais j’aurais largement préféré qu’il invente une religion, quitte à s’inspirer allègrement de la religion catholique.

Ceci étant, c’est là le seul vrai reproche que j’ai à faire à cette trilogie. Je n’ai rien à redire du côté des personnages qui sont tous intéressants. Si on n’échappe pas à quelques personnages manichéens (la nonne qu’on pourrait qualifier de sainte et qui veut aider tout le monde, le méchant qui veut dominer le monde par la force…), d’autres sont plus nuancés, et cela des deux côtés. J’aime par exemple beaucoup la mère du héros, qui est une sorte d’électron libre. Elle veut aider son fils, mais elle le fait pour des raisons purement personnelles avec lesquelles il n’est lui-même pas forcément d’accord. Ils vont d’ailleurs s’opposer la plupart du temps, ce qui n’empêchera pas la mère d’essayer de le caser sans arrêt avec la nonne, quitte à recourir à la magie pour essayer de la pousser dans son lit. Si elle est un adversaire de Thorn, le grand méchant, on ne peut pour autant pas dire qu’elle est du côté des « gentils », elle a son propre camp, ses propres ambitions.

« Avec son atmosphère rappelant « La Compagnie noire », voire certains écrits de David Gemmell, son sens de la mise en scène et cette dimension historique à même d’éveiller l’intérêt de celles et ceux qui en auraient assez d’une fantasy trop « fantaisiste » à leur goût, ce Chevalier ne manque pas d’atouts. » Emmanuel CHASTELLIÈRE, in Bifrost 72

Il en va un peu de même pour les galliens. Si ces derniers sont plutôt présentés comme des ennemis (ils veulent envahir le royaume d’Alba et ont tendance à recourir à la force brute dès qu’ils sont contrariés), ils ne sont pourtant pas du côté des armées de Thorn dont ils seront eux aussi victimes. Et parmi les galliens, on trouve notamment Jean De Vrailly, un chevalier qui ne jure que par la violence, qui est le premier à vouloir soumettre les albains, mais qui est aussi persuadé d’être guidé par un ange et qui possède un sens de l’honneur exacerbé, ce qui le fera parfois s’opposer à sa hiérarchie, voire aux commandements de l’ange.

Il y a donc plusieurs factions, plusieurs personnages poursuivent leurs propres objectifs qui parfois coïncident et parfois s’opposent. Mais pour être honnête, il y a quand même un autre petit reproche que j’ai envie de faire. On a parfois des passages portant sur des personnages tertiaires que je trouve vraiment superflus. Certes, ça permet d’avoir un autre point de vue et ça permet d’expliquer certaines choses, mais ces personnages sont peu marquants et d’une fois à l’autre on ne se rappelle plus qui ils sont ni ce qu’ils font vu qu’on ne les suit que deux ou trois fois dans toute la saga.

Malgré ces deux petits défauts, cette trilogie reste vraiment très bonne et je vous la recommande.

Une critique de Miceldars parue sur son blog, Parole de troll, le 12 mai 2017 à cette adresse.

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