Isaac Asimov : Écrire le futur

Penchons-nous sur un des géants de la Science-fiction, celui qui fait partie, avec Arthur C. Clarke et Robert A. Heinlein, des « Trois Grands » (Big Three) auteurs de science-fiction de langue anglaise, j’ai nommé : Isaac Asimov.

Asimov (1920-1992), écrivain américain d’origine russe, a commencé à écrire en publiant des nouvelles dans différents magazines. Le succès est au rendez-vous dès 1941, avec la nouvelle Quand les ténèbres viendront, publiée dans Astounding Science Fiction, dirigé par John W. Campbell, qui sera un appui durant toute sa carrière. Son style d’écriture est très simple et se focalise sur la narration.

Adorant les sciences depuis tout petit, il obtint un doctorat en biochimie. Il enseigna à l’université de Boston tout au long de sa vie. Ses livres sont basés sur des faits scientifiques, mais ses œuvres sont connues grâce à leur vulgarisation.

C’est ainsi qu’il inventa plusieurs notions nouvelles comme la robotique. Bien que le terme « Robot » fût inventé par Josef Capek en 1920, Asimov inventa en 1940 le terme « robotique » dans une saga qui le rendra célèbre, Le Cycle des Robots. Il établit trois lois robotiques, aujourd’hui utilisées dans ce domaine, et tente à travers les différents tomes de trouver les différentes failles à ces règles.

Les trois lois sont :

  • Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;
  • Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
  • Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.

La saga démarre avec le personnage de Susan Calvin, vieille femme prenant sa retraite et acceptant de parler de sa carrière dans la robotique au cours d’une interview. Le cycle comprend aussi le personnage d’Elijah Baley, un inspecteur qui doit mener une enquête avec… un androïde. À travers ces personnages et ces histoires courtes, Asimov envisage toutes les questions scientifiques et morales que nous risquons de nous poser prochainement.

Son imagination inspira de nombreux auteurs. C’est dans cette saga qu’Isaac Asimov inventa le terme de « cerveau positronique » : un cerveau pour les androïdes qui ne peut être construit qu’en suivant les trois lois robotiques. Ceci reste une machine, mais on implémente une « humanité » en eux, un passé psychologique qui leur permettent de faire face à certains problèmes sans bugger. Cette invention est reprise dans de nombreuses œuvres, notamment dans Star Trek, le dessin animé Il était une fois… l’Espace, la série Doctor Who

Notez qu’un film, I Robot, a été produit en 2004. Ce film s’inspire très (très) largement de la saga, et nous vous déconseillons fortement de le regarder, parce que… cela n’a rien à voir avec les livres (vraiment).

Asimov est connu pour son style simple et efficace. Il s’intéresse principalement aux idées et à la narration. Tous ses personnages sont humains ou robots. Il n’aborde pas une vie extraterrestre dans ses œuvres. Ce choix a été pris en début de carrière, après avoir écrit une nouvelle à propos d’un alien plus intelligent que la race humaine. Son éditeur avait refusé de la publier pour cette raison. À partir de là, il décida qu’il valait mieux ne pas parler d’aliens plutôt que de les décrire faibles et impuissants, comme l’imaginait le public d’alors.

À la même époque, Asimov entama un autre célèbre cycle, Fondation (NdlR : adapté en 2021 en série TV). Les trois premiers tomes qui paraissent regroupent des nouvelles publiées entre 1942 et 1950 dans la revue Astounding Science Fiction. Dans un futur très lointain, l’homme a créé un empire qui s’est étendu sur des milliers de planètes. Hari Seldon, un historien, prédit la chute de l’empire et ce qui va s’ensuivre sur trente mille ans grâce à une matière dont il est l’inventeur, la psychohistoire. Elle mélange la sociologie, les sciences et l’Histoire et peut prédire les mouvements de masse en étudiant le passé. Cette étude peut fonctionner à la seule condition que la population soit énorme et ne soit pas au courant des résultats. Ainsi, selon les prédictions de Seldon, si on lui donne les moyens de rédiger l’Encyclopedia Galactica et que les générations futures suivent les informations données en temps voulu, il réduira les siècles de chaos de dix mille ans. Certains prétendent que ce cycle a inspiré Norbert Wiener, inventeur de la cybernétique quelques années plus tard et ami de l’écrivain et rédacteur John W. Campbell, qui avait poussé Asimov à rédiger ce cycle.

Illustration de Rowena Morrill

Durant sa carrière, il continua d’écrire des romans, des nouvelles et des livres de vulgarisation scientifique, et créa son propre magazine, le Isaac Asimov’s science fiction magazine (IASF), ayant pour principal but de révéler de jeunes talents.

Dans les années 80, poussé par son éditeur et ses fans, Asimov rédigea quelques livres lui permettant de donner un ordre chronologique à toutes ses œuvres. Il reçut de nombreux prix, notamment en 1986 le prix Hugo de  « la meilleure série de science-fiction de tous les temps » pour son cycle Fondation.

Et quoi de mieux que de finir par les mots du « bon docteur » :

« Ma mort est sans importance […]. Lorsqu’on meurt et qu’on laisse une œuvre après soi, on ne meurt pas complètement. »

Un article de Galatée précédemment paru dans le numéro 0 du Webzine YmaginèreS (septembre 2011)

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