Salons & festivals de l’Imaginaire

Photo : Ji-Elle – Bulle du Livre (Imaginales 2010, Epinal)

Photo : Orfilinn Philippe Douzenel
2015 – JP Gapdy aux côtés de Philippe Caza (Aventuriales)

L’un des souvenirs les plus marquants de mes débuts – fort récents, il est vrai, puisque datant de 2015 – est ma participation au premier salon des Aventuriales de Ménétrol. Le point de départ était lié au fait qu’étant visiteur de nombreux salons du genre, j’avais envie de passer de l’autre côté. Je me suis donc osé à une demande de renseignements, à l’époque auprès de Jean-Pierre Fontana, grand monsieur de la SF qui avait lancé les Conventions nationales françaises de science-fiction en 74.

Ce fut une réelle surprise – alors que j’étais un parfait inconnu et ne disposais que d’un recueil de nouvelles – d’être accepté et installé sur la table d’un libraire. Mais c’en fut une autre de savoir que je me retrouvais aux côtés de quelques invités célèbres (dont, par exemple, Rosa Montero et Philippe Caza). Un petit détail qui offre une double facette : la première de devenir un peu transparent pour les visiteurs, la seconde – plus agréable – de pouvoir discuter, échanger et découvrir un monde bien différent de ce que l’on voit en étant soi-même visiteur.

Bien sûr, je ne parle ici que de salons et festivals de l’imaginaire et donc liés aux genres SFFF ou SFFFH, c’est-à-dire Science-Fiction / Fantastique / Fantasy / Horreur.

Salon, mon beau salon

Sauf erreur de ma part, il existe plus d’une trentaine de salons du genre en France. Xavier-Marc Fleury (Oublier les Étoiles, Rivière Blanche) en a commencé une carte accessible à cette adresse :

Certains sont devenus des événements de référence et ont créé des prix de l’imaginaire. Je citerai sans ordre particulier : Prix Imaginales et Prix Imaginales des bibliothécaires, Grand Prix de l’Imaginaire du Festival Étonnants Voyageurs, Prix Utopiales et Prix Utopiales Jeunesse, Prix des Aventuriales, Prix Ayerdhal d’Imajn’ère

D’autres éditent chaque année des anthologies thématiques, que ce soit en appel privé ou en appel public. Par exemple, en 2021, le thème du salon Hypermondes portait sur les robots, celui d’Imajn’ère était sur l’Orient extrême, etc.

De plus, quelques salons naissent ici et là au fil du temps. Ainsi en 2022, ce sont l’Ouest Hurlant à Rennes (35) et Étrange-Grande à Hettange-Grande (57) qui voient le jour.

Tire la chevillette et bobinette cherra

Participer à un salon n’est pas toujours aisé ni gagné d’avance. La raison en est toute simple : nous sommes de plus en plus nombreux à écrire dans l’Imaginaire. Or les places dans ces manifestations ne sont pas extensibles. Avec cela, s’y ajoutent la couverture (internationale, nationale, régionale, locale et donc la distance pour s’y rendre), les dates à caler et les détails logistiques.

Photo : JP Gapdy
2018 – Grand moment de fou rire avec Jérôme Citerne (Salon SF et fantastique de Péron)

Me viennent à l’esprit deux situations fort différentes.

La première est celle dans laquelle tout ou partie des aspects organisationnels est pris en compte par votre éditeur, voire par le salon, si vous y êtes invité, quel que soit votre statut. La seconde est celle où vous vous chargez de tout, selon que vous êtes un indé ou parce que votre éditeur ne participe pas à cette manifestation, alors que vous souhaitez être présent et que l’occasion vous en est offerte.

Dans l’un ou l’autre cas, rien n’est négligeable car, entre les frais de stand (si vous venez en individuel, donc hors éditeur), ceux de déplacement, de bouche et de nuitées, cela peut représenter une coquette somme selon la durée et l’éloignement du salon. J’ai eu à traverser en partie la France pour rejoindre, à titre personnel ou comme invité, le festival littéraire et artistique de Thénac ou le salon des imaginaires Finistellaire à Quimper ; cela se prépare et tout se calcule sur pas mal de points. Retirer bénéfice d’un livre vendu directement ou par les droits d’auteurs en décalage de plusieurs mois est un élément à prendre en compte dans le bilan de l’opération. Même si, pour la plupart, il n’est pas spécialement réaliste ou possible de vivre de nos écrits, il n’est ni serein ni agréable de travailler à perte.

Fort heureusement, nombre d’associations organisatrices arrivent à proposer quelques hébergements chez l’habitant, au travers des membres de l’association ou des soutiens. Personnellement, j’ai eu la chance de faire ainsi de belles rencontres lors d’Imagina’Livres à côté de Toulouse, au Salon SF & Fantastique de Péron, aux Aventuriales de Ménétrol… Avec cela, auteurs et artistes sont souvent dorlotés de mille et une façons tant par l’accueil, les cafés ou thés offerts, etc. dans bien des salons et festivals.

Sept cents millions d’auteurs et moi, et moi

Oui, parce que l’objectif d’un salon est, quand même, de se faire connaître et de vendre ses romans, recueils ou autres billevesées que nous produisons. Donc, il importe de songer à ce détail.

Je me souviens de ma première participation à une foire professionnelle, dans une vie antérieure, quand j’avais un métier sans rapport avec l’écriture. J’y avais appris quelques petits éléments utiles.

D’après l’un de mes responsables de cette époque révolue, il fallait commencer par la tenue, le « saping » comme il le nommait, « parce que tu te dois de te saper pour être reconnaissable… ». Ainsi que j’en vois parfois en salon, cela peut signifier arriver en cosplay ; j’ai ainsi eu, par exemple, l’occasion de me retrouver aux côtés de la Princesse Leia pour un TGS à Toulouse, une tenue qu’avait adoptée Dominique Lémuri (Sous la lumière d’Helios, Armada). Personnellement, j’ai reçu en cadeau de ma famille quelques polos dotés du logo couleur de mon univers principal, SysSol ; je les porte parfois, ce qui est fort amusant et effectivement identifiable.

Photo : La Muse en parle
2018 – Avec FL Castle, coauteur des Mondes de Quirinus
(Salon SF et fantastique de Péron)

Ensuite, toujours selon mon mentor, vient le stand avec sa disposition, sa présentation, etc. ou, pour simplifier, tous les trucs qui attireront le regard [je laisse tomber les couvertures des livres, c’est trop tard, ils sont édités à ce moment-là]. Depuis les rollups, les affiches, les chevalets supports de livres, la nappe, les objets décoratifs, etc., tout compte dans le décor. À mes premières années (récentes comme je l’écrivais précédemment), j’utilisais comme nappe un tissu avec un visuel de Mars, plusieurs de mes histoires y faisant référence ou s’y déroulant, ainsi qu’un globe animé de ladite planète. Ces détails attirent et permettent d’échanger, de parler, parfois d’aller jusqu’à présenter plus facilement ses livres.

Mon cicérone ajoutait aussi les goodies, les cadeaux publicitaires et tous les gadgets que l’on peut associer à une vente ou à une prise de contact. Cela va de la carte de visite (bah oui, j’en ai une avec un vaisseau sur fond d’espace et l’adresse de mon site) jusqu’aux petits objets à offrir. Les marque-pages, autocollants, stickers et autres en font partie. Personnellement, là encore, chaque univers que j’ai inventé et mis en place dispose de son propre « logo », un élément bien particulier, parfaitement identifiable et représentatif, que j’ai créé. Ainsi mon androïde-détective Gerulf possède-t-il son badge de détective-privé, mes contrebandières portent sur leurs tenues l’écusson de leur navire, le Circaète bleu, SysSol est incrusté dans un soleil stylisé, etc. ce qui représente une dizaine de stickers. Chaque lecteur reçoit le sien avec sa dédicace.

2019 – Avec Arnaud Pontier sur le stand Arkuiris (Aventuriales)

Reste le point crucial : le discours ! le discours ! pour reprendre ce que l’on scande à la fin du repas de fête en vous sommant d’en déclamer un. Si ce n’est que là, c’est celui qui va mettre en avant votre ouvrage et le rendre intéressant. Il est aussi important que votre couverture et le texte de la quatrième. J’avoue que je suis plus doué à l’écrit qu’à la présentation orale de ce que je produis ; par contre je sais le faire pour les bouquins des copines et copains [ayant lu leurs œuvres].

Il n’empêche que j’ai appris quatre grands points à respecter pour ce laïus. D’abord il est assez court, il ne s’agit pas de retenir et de lasser quelqu’un. Ensuite, il doit faire connaître les thématiques abordées au-delà du genre. Étant plutôt versé dans la SF [ledit genre imaginaire], je vais tricher en ne parlant que par rapport à elle, mais il m’est facile d’expliquer que « Les Mondes de Quirinus » est une dystopie mêlant un planet-opera (se déroulant sur Mars) et un thriller, que les romans de Gerulf (La Reine du Diable Rouge, Un cerveau d’Yttrium) sont des polars-SF en mode hopepunk, etc. Bien sûr, en expliquant chaque terme, si besoin.

2021 – Table ronde au festival Hypermondes avec Franck Selsis et Julien Wacquez (capture vidéo)

Enfin, ce pitch doit offrir un résumé des événements clefs, des personnages, des situations dramatiques en quelques phrases qui permettront d’aller plus loin que la fameuse quatrième de couverture. Mais, mais… on ne spoile pas, s’il vous plaît.

Voilà ! Ah, non ! J’ai dit quatre points.

Le dernier consiste à tester son discours. Cela se fait d’abord seul et à haute voix, pour la même raison que vous vous devez de lire ainsi vos romans et nouvelles, selon l’idée du gueuloir de Flaubert (mais si, vous savez bien, Gustave de son prénom, Madame Bovary, Salammbô, …). Cette déclamation d’un texte offre d’en percevoir la musicalité, faisant découvrir les tournures trop lourdes à alléger, celles manquant de fluidité à reprendre, etc. C’est la même chose pour votre résumé oral. Ensuite, il faut tenter le coup auprès de son entourage, s’il accepte de supporter que vous lui répétiez dix ou cent fois (évitez quand même d’être sadique, y compris avec les beaux-parents) l’air des bijoux du Faust de Gounod, dont la Castafiore se gargarise régulièrement.

Le reste se passera sur place et s’améliorera petit à petit, avec le temps (même si tout s’en va), avec les remarques des copines et des copains, avec les échanges qui auront plus ou moins bien réussi et qu’il faudra adapter au salon et au public.

Au fil de l’eau et des rencontres

Comme il se doit, je garde le meilleur pour la fin.

Parce qu’un salon, un festival, c’est d’abord et avant tout un lieu de rencontres.

À commencer par les organisateurs et les équipes de bénévoles pour les plus petits de ces événements, ceux où il est facile de croiser et connaître chacun. Ce sont les personnes qui accueillent, installent, guident, aident, informent… Quand on n’est pas sur le stand d’un éditeur, ces équipes sont aussi celles avec qui on échange avant que les portes ne s’ouvrent au public.

Si vous n’avez jamais collaboré à la mise en place d’événements rassemblant plusieurs centaines de personnes, c’est une occasion de découvrir l’autre côté du miroir, avec toutes ses difficultés de préparation, les petits couacs à gommer pendant son déroulement, suivi de l’intense satisfaction de la réussite finale. L’importance de pouvoir les connaître – au-delà du plaisir de discuter – permet de comprendre que cette organisation est loin d’être simple, que l’on se doit d’arriver en s’étant le plus possible informé, autant que préparé ou équipé, au lieu de solliciter sans cesse ou de questionner sur des éléments qui sont déjà définis. Ayant été, pendant vingt-deux ans, responsable de ce type de réunions, quoique fort éloignées du monde littéraire, je sais ce que cela représente, ainsi que la joie d’être remercié par les participants qui n’ont rien vu des problèmes survenus, mais qui ont apprécié l’événement, son organisation, sa convivialité et ses moments forts.

2019 – JP Fontana et Arnaud Pontier (Aventuriales)

La seconde rencontre se produit avec les « collègues », autrices, auteurs, éditeurs, illustrateurs, etc. qui sont présents. C’est l’occasion de pouvoir discuter d’un peu tout, autour des genres imaginaires ou non, d’en apprendre plus sur les parutions des uns et des autres, aussi bien que des découvertes et lectures de chacun, de parler projets et activités extérieures [mais si, il y a une vie en dehors de l’écriture ou des réseaux sociaux]. Nombre de lectures agréables que j’ai eues ou d’artbooks que j’ai ajoutés à ma collection viennent de ces échanges. Connaître une autrice ou un auteur m’a aussi permis de lire leurs romans en saisissant mieux certains passages, en comprenant des clins d’œil ou sous-entendus et en prenant, de ce fait, encore plus de plaisir à ces textes. J’ai, par la même occasion, découvert des histoires auxquelles je n’aurais pas songé m’intéresser si j’avais suivi les seules présentations et publicités qui s’y rapportent.

Personnellement, j’ai certes la chance d’avoir d’assez nombreux contacts fort sympas sur les réseaux sociaux, mais c’est lors de ces manifestations que les plus agréables rencontres se produisent. Non seulement par les enrichissements qu’elles procurent, mais aussi parce qu’elles se renouvellent d’un salon à l’autre, offrant ainsi de multiples occasions de retrouvailles et se transformant souvent en moment de détente et de rire, et dépassant parfois le copinage pour l’amitié.

Et puis… et puis… il y a les « petits derniers ».

Ceux qu’on ne croisera peut-être qu’une fois, ceux qui repartiront peut-être avec un ou plusieurs de vos livres, ces Sophie, Dominique, Élodie, Jean-Luc, André et consorts pour qui votre plume glissera en dédicace, peut-être en vous fendant aussi d’un dessin, d’une esquisse si vous êtes doué pour cela.

Bref, ceux pour qui, somme toute, nous sommes venus.

Un lecteur devenu un bon copain avait fait remarquer que certaines de mes fins laissant entrevoir une suite (annoncée) jouaient comme une drogue. Je reconnais que ces rencontres en sont une.

2017 – Le globe martien qui intrigue [salon de Morières (84)]

Aller au-delà de la simple présentation de son bouquin ou de ceux des copines et copains est souvent passionnant, dès lors qu’on échange sur un texte ou un autre, sur un auteur ou une autrice que l’on connaît, sur un événement partagé, sur des ouvrages, sur le genre, sur des sujets parfois bien éloignés de ces rencontres. J’ai des souvenirs de nombreuses discussions sur les IA, sur l’exploration du système solaire, sur les polars qui m’ont permis de retrouver d’année en année certains lecteurs. Parce que, là aussi, c’est une véritable joie de revoir quelqu’un qui fait le détour pour vous dire bonjour, qui veut savoir quand la suite des aventures de vos personnages ou de votre univers doit paraître, qui vient parler de ceci ou de cela… un moment qui dépasse la rencontre fortuite du festival précédent, celle qui n’a donné lieu qu’à une dédicace, peut-être à une poignée de main, voire une photo [je connais quelques personnes qui apprécient et collectionnent les selfies avec leurs lectrices et lecteurs].

Et puis s’ajoutent les petites histoires. Il en arrive parfois et très rarement d’assez peu agréables ; personnellement, j’en ai connu trois, tel cet échange que j’ai brisé là avec un lecteur n’ayant pas apprécié que j’aie tant d’héroïnes capitaines de navires dans plusieurs de mes écrits. Bien plus souvent, ce sont des anecdotes amusantes ou surprenantes comme ces deux lecteurs, lors de salons généralistes, qui sont venus me dire : « C’est pas vrai, mais il n’y a que vous en SF ici ? » [Ce n’était effectivement pas vrai, nous étions deux, ces années-là] et qui sont repartis avec cinq bouquins pour l’un, huit pour l’autre [Hep, hep, vous revenez l’an prochain, hein ? J’aurai des nouveautés]. Ou ce festival – généraliste aussi – où mes lectrices-acheteuses furent uniquement des adolescentes de 14-16 ans venues chercher la Reine du Diable Rouge [qui n’a pourtant aucun rapport avec la Reine des Neiges]. Un papa m’avait même demandé, en apprenant que c’était un polar, si c’était pour l’âge de sa fille. Je l’avais rassuré [au grand plaisir de la demoiselle] en lui expliquant que ça l’était sans problème, Gerulf n’enquêtant que sur des disparitions, non sur des meurtres sanglants. Un autre papa m’avait demandé si un de mes ouvrages pouvait être lu par son garçon de quatorze ans. S’il a le vocabulaire oui, pas de souci quant au fond. Et le gamin de rétorquer de toute façon, « Chut, Papa ! Y a des fusées, c’est forcément comme j’aime. »

Table ronde Imaginales 2015 – Magic Mirror 1

Il y a aussi cette jeune femme, arrivant à l’ouverture d’un salon SF, dans l’unique but d’acheter un livre pour son papa dont c’était l’anniversaire. Elle m’explique ce qu’elle recherche et n’a pas trouvé sur les stands, mais, avant que je puisse parler, elle termine un peu triste : « Ah, vous n’avez pas ça, non plus, c’est ça ? ». Du hopepunk ? Oh si, j’en avais, puisque c’est ce que j’écris le plus. Du coup, elle me prend un titre, me le fait dédicacer et… revient le lendemain après-midi avec son père qui m’annonce avoir lu le début du roman qu’il tient dans la main. Aïe ! Le doute… Il revient avec ? Ça ne lui aurait pas plu ? Si, si ! m’annonce-t-il. Au contraire ! Il a avalé le premier chapitre qu’il a aimé. Du coup, il me demande le deuxième tome, en m’expliquant qu’il a ramené le premier pour être sûr d’avoir un paraphe différent. Banco ! Nous avons évidemment sympathisé et discuté pas mal de temps.

Mais, cessons là, car la liste de ces rencontres et ces échanges serait longue, alimentée par la participation à plus d’une vingtaine de salons et à quatre conventions SF. Surtout si j’y ajoute mon côté lecteur-dévoreur qui fait le tour des stands et repart avec son lot de bouquins dédicacés sous le bras, au grand dam de ma bibliothèque.

Je terminerai ici, car je dois préparer mon week-end, puisque je serai au TGS de Montpellier avec un de mes éditeurs. Comme je disais, une drogue.

Heureusement, elle est, la plupart du temps, à effet notoirement positif sur le moral et la santé des autrices et auteurs.

J.C. Gapdy

Mars 2022

https://jc.gapdy.fr

Pour finir, quelques petits souvenirs des Utopiales 2011.

Les photos ont été prises par Françoise Boutet pour le Webzine YmaginèreS.

Cliquez sur une photo pour entrer dans la galerie et lire les légendes.

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