Critique : « Les Yeux du dragon », de Stephen King

Quatrième de couverture : Le royaume de Delain est dans la tourmente.

Accusé à tort du meurtre de son père le roi, Peter est jeté en prison, tandis que le trône revient à son frère cadet, Thomas. Thomas, l’avorton, le faible, qui depuis sa plus tendre enfance est le jouet de Flagg.

Le noir magicien conspire en secret depuis quatre cents ans pour accroître son pouvoir.

Mais Peter a un plan pour sauver Delain des griffes de Flagg. Il devra cependant affronter de nombreux dangers, et, s’il échoue, il n’aura pas de seconde chance…

« Une superbe incursion de Stephen King dans la Fantasy ! » Elbakin.net

Photo : Dick Dickinson

Stephen Edwin King est un écrivain né à Portland dans le Maine.

Après avoir obtenu son diplôme de fin d’études secondaires, il étudie la littérature à l’Université du Maine d’Orono de 1966 à 1970.

Il a publié Carrie, son premier roman, en 1974 et est rapidement devenu célèbre pour ses contributions dans le domaine de l’horreur mais a également écrit des livres relevant d’autres genres comme le fantastique, la fantasy, la science-fiction et le roman policier. Parmi ses romans les plus connus, figurent Shining (1977), Misery (1987), Christine (1984), Ça (1988) ou encore La Ligne Verte (1996).

Auteur très prolifique, dont les œuvres ont souvent été transposées au cinéma et à la télévision, il a écrit et publié plus de cinquante romans, dont sept sous le pseudonyme de Richard Bachman, et environ deux cents nouvelles. Il a également écrit, sous le pseudonyme de John Swithen, la nouvelle Le Cinquième Quart (1972).

Depuis son grave accident de voiture survenu en 1999, il a un peu ralenti son rythme d’écriture…

Entre 1982 et 2012, il a publié les huit romans du cycle La Tour sombre.

En 2003, il reçoit la médaille de la National Book Foundation pour sa contribution à la littérature américaine et, en 2007, l’association des auteurs de romans policiers américains, Mystery Writers of America, lui décerne le titre de « grand master ». Il a remporté treize fois le prix Bram Stoker. Il publie en 2009 Dôme.

Ses derniers romans sont 22/11/63 (2011) (dont une mini-série a été adaptée en 2016), Joyland (2013), l’histoire d’un tueur en série sévissant dans les parcs d’attractions, et Docteur Sleep (2013), la suite tant attendue de Shining, les livres de la trilogie Bill Hodges dont Mr Mercedes (2014) et ses suites Carnets noirs (2015) et Fin de ronde (2016), font partie, ainsi que L’Outsider (2019).

En 2017, il a publié Sleeping Beauties, livre écrit à 4 mains avec son fils Owen .

Stephen King vit avec sa femme, l’écrivain Tabitha King (1949), qu’il a épousée le 2 janvier 1971. Ils ont trois enfants : Naomi (1971), Joe (1972) et Owen (1977), les deux derniers étant également écrivains.

Site officiel : http://stephenking.com/

Détails techniques :

Fantasy

Editeur : Philtrum Press (1984) / Albin Michel (1995) / Pocket Jeunesse (1997) / Pocket, coll. Terreur (1998) / J’ai Lu (2017) / Flammarion Jeunesse (2020)

472 pages (broché) / 480 pages (poche)
Broché : 14 € / Poche : 8,90 € / Numérique : 9,99 €

Les contes de fées sont les premiers récits de terreur. En écrire un à l’intention de sa fille Naomi était donc pour Stephen King une sorte de retour aux sources…

Quoi de mieux, sous une météo apocalyptique, que de commencer un Stephen King ?

C’est le maître de l’horreur en personne que j’ai choisi pour incarner la lettre K du challenge ABC. Et je n’ai pas choisi n’importe quel ouvrage, puisque j’ai misé ici sur le seul roman de fantasy qu’il ait écrit à ma connaissance.

Cette histoire reprend tous les codes du conte traditionnel. Comme le narrateur omniscient qui n’hésite pas à s’adresser au lecteur directement, en créant ainsi, à la manière d’un conteur, un lien avec son spectateur. L’action prend place à une époque indéfinissable, seuls les lieux sont mentionnés. Le récit est loin d’être linéaire, puisqu’il est à maintes reprises entrecoupé d’ellipses temporelles, ou de retours en arrière. Il ne s’agit pas de s’endormir, mais plutôt de suivre correctement cette dynamique pour ne pas perdre le fil conducteur. Comme l’on pouvait s’y attendre, l’atmosphère est oppressante, limite suffocante quelquefois. Le narrateur ponctue son récit de nombreuses petites mises en bouche qui alimentent le suspens et nous tiennent en haleine.
La myriade de personnages choisis ici par l’auteur ont tous un rôle primordial dans l’histoire, et il est intéressant d’apprendre lequel au fil de la lecture.
La mise en place est un peu longue puisque le narrateur nous présente successivement les personnages principaux, partant des plus bienveillants, le roi et la reine, pour arriver jusqu’au plus cruel, et finalement, le plus intriguant, Flagg. J’ai adoré cette progression graduelle vers la noirceur et l’occulte.

Les deux princes, Peter et Thomas, sont très intéressants à suivre de par leur personnalité si différente. Peter, l’aîné, est le préféré de son père. Il réussit tout ce qu’il entreprend, et s’attire les bonnes grâces de tous. Enfin… pas exactement de tout le monde. Thomas, quant à lui, incarne plus le vilain petit canard, le cadet délaissé, sur qui on rejette la faute du décès de la reine. C’est un personnage très mélancolique, qui suscite la pitié à certains moments. Il est fascinant de voir sa personnalité s’assombrir au fur et à mesure. De mauvaises circonstances, une succession de mauvais choix et les conseils malavisés du sorcier Flagg feront de lui un personnage méprisable et faible.

L’intrigue et les manigances de Flagg sont d’ailleurs le pilier central du roman. L’auteur nous plonge au cœur même des intrigues de la cour et les desseins machiavéliques du sorcier n’ont aucune limite. Cet être vil fait partie des personnages principaux de ce roman, et c’est un choix très pertinent puisque cela ne dénote absolument pas avec la plume inquiétante de Stephen King. On y retrouve le schéma narratif propre aux contes de fée ainsi que la bonne dose de cruauté nécessaire (car oui, les contes ne sont pas forcément faits de paillettes et d’arc-en-ciel). Ce conte, destiné à des enfants, est une histoire sombre et oppressante.

Ce roman n’est pas exempt de longueurs, surtout vers la fin. On s’attarde sur des détails et j’ai l’impression que l’on tourne 30 ans autour du pot pour, au final, pas grand-chose… C’est la seule chose que je peux vraiment reprocher à ce livre.

J’ai passé un bon moment de lecture, même si à mon sens ce n’est pas le roman le plus représentatif du talent de Stephen King. Ce n’est peut-être pas le titre idéal pour découvrir ce grand auteur. Certains fans ne reconnaîtront peut-être pas la plume qu’ils aiment tant. C’est vrai qu’on est très loin d’une ambiance et d’une histoire à la Simetierre par exemple (je cite celui-ci car je l’ai énormément apprécié !) mais je suis contente de m’être fait une opinion.

Une critique d’Elamia publiée le 1er février 2015 sur Babelio  à cette adresse.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Ju dit :

    Super article j’adore le mood 😀 hésites pas à venir sur mon blog dephaistos.com et à t’abonner si ça te plaît 😉

    J’aime

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